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Perdu d’avance

Qu’importe ce que l’on raconte, nous avons tous aimé un jour.
Chacun à sa manière, nous avons ressenti ce besoin de partager notre affection avec une autre personne. Il y avait le rire, la tendresse, la compréhension. Nous vivions sur un petit nuage, regardant le monde de haut, presque avec insolence, parce que l’autre nous suffisait. Plus rien n’avait d’importance, sinon ce regard qui nous confirmait que nous existions.

Cette moitié enfin trouvée semblait être un accomplissement à elle seule. Nous jurions de résister au monde, de ne jamais céder, persuadés que ce que nous appelions l’amour était sans limite. Nous avions foi en ce mythe dont tout le monde parle. Nous nous croyions différents, destinés à être l’exception. Nous vivions presque heureux, dans notre jardin d’Éden, profitant du présent sans vouloir savoir ce qui nous attendait.

Mais rien ne dure au-dessus du vide.
Et nul ne peut vaincre la gravité.

Alors vint la chute.
Brusque, verticale, sans recours.
Une chute qui nous menait tout droit vers la gueule ouverte de la réalité. Cette prise de conscience qui aveugle au lieu d’éclairer. Ce moment où tout ce qui semblait infini révèle sa fragilité.

La réalité.
Cette force qui emporte tout ce que nous avions rêvé.
Elle ne laisse derrière elle que le manque, le vide et cette douleur particulière qui naît quand on comprend que ce que l’on croyait tenir n’existait peut-être que parce qu’on y croyait.

Rien ne remplace ce qui s’effondre.
Et la fin, elle, est toujours réelle.

Alors l’âme encaisse, se tait, se vide peu à peu.
L’espoir se retire.
Le rêve cède devant l’inévitable.
Et tout finit par disparaître dans ce gouffre froid qu’on appelle raison.

Foutu bordel de fin.

Laubodile.

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