Un regard parmi tant d’autres.

Ce n’était qu’un simple regard.
Presque insignifiant.
Et pourtant…

Pendant un instant, je me suis senti revivre.
Et aussitôt, coupable.

Coupable d’avoir égorgé à blanc cet oiseau que j’appelle espoir.
Coupable d’avoir laissé mes peurs me guider vers ce cynisme grandissant.
Coupable d’avoir cru ce que l’on me dicte sans même prendre la peine de me poser des questions.

Comme un ignorant privé de réflexion, je n’avais jamais cherché à comprendre ce qu’était réellement l’espoir. Je l’avais pris pour une faiblesse, pour une illusion de plus, pour un oiseau fragile qu’il suffisait d’abattre une bonne fois pour toutes.

Mais l’espoir n’est pas un oiseau.

Et même s’il en était un, ce serait un Phénix.

Sa mort n’est jamais définitive.
Chaque fois que je me suis acharné contre lui, je n’ai fait que nourrir sa prochaine renaissance. Chaque coup porté contre lui ne faisait que le rendre plus fort, plus éclatant, plus majestueux au moment de son retour.

Et il a suffi d’une rencontre pour me le rappeler.

Une rencontre muette,
mais tellement causante.

Son sourire irradiait la salle comme un soleil levant, annonçant le début d’un jour nouveau, chargé de promesses que je croyais ne plus pouvoir désirer. Sa chevelure lisse et brune tombait jusqu’à ses épaules, accentuant encore la finesse de ses traits. Tout en elle semblait calme, mais vivant. Doux, mais impossible à ignorer.

Son regard…

Son regard portait quelque chose que mes yeux n’avaient jamais su entendre avant cet instant. Un chant muet. Une mélodie sans son. Une parole sans bouche. Il me parlait, et ni le temps, ni les hommes, ni le vacarme du monde ne pouvaient troubler cette seconde.

Le plus beau des poèmes venait de se graver dans mon âme.

Ces yeux bruns s’infiltraient en moi avec une douceur dévastatrice. Ils rassemblaient en silence tout ce que j’avais dispersé, tout ce que j’avais brisé, tout ce que j’avais voulu enterrer. Et soudain, sans que je puisse lutter, il ne me restait plus qu’une seule possibilité :

aimer encore cette bonté humaine.

Un regard.
Un instant.
Une renaissance.

La suite appartient au vivant.

Laubodile.

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