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Le sentier de la perdition.

Le passé m’a prouvé que j’avais aimé.
Certes, ce furent des amours brèves, sans avenir, mais cela restait de l’amour. Être accompagné par une personne qui vous aime sur ce chemin tordu et inconnu réconforte toujours davantage que la solitude.

Aimer sans limite, voilà ce que j’appelle le véritable amour : la nudité sans honte, la transparence, la confiance. Tout cela m’est encore inconnu. Incapable d’aimer pleinement, je passe le plus clair de mon temps à rêver de cette femme qui fera enfin fondre mon cœur de glace.

Perdu dans les brumes, j’avance sans véritable but. Mon existence même m’apparaît parfois incertaine. J’ai acquis le savoir-vivre, le sens moral, une certaine idée de la liberté ; mais à quoi bon posséder tout cela si l’on ne le partage avec personne ?

Je suis né pour faire le bien, pour combattre le mal. Mais je ne peux poursuivre cette quête si je ne me sens ni encouragé ni aimé. Je pourrais sans doute répondre à l’appel de cette société malade en liant ma vie à une inconnue qui ne me comprendrait jamais. Elle essaierait, sans doute, jusqu’à se lasser. Mais à quoi bon céder à la société si ce que je cherche réellement demeure absent ?

Je veux connaître cela au moins une fois dans ma vie. Qu’importent les conséquences. Quitte à souffrir, autant ne pas le faire pour un monde qui nous déteste tels que nous sommes.

L’amour est le seul sentiment qui me fasse douter. Même l’obscurité de l’avenir me paraît douce comparée à l’éternelle solitude. Ce vide constant, qui m’empêche de voir clair et d’avancer sans peur, ne cesse de grandir, aidé par le temps.

Je ne veux pas d’enfants issus de la seule raison, par peur de ne pas les aimer à leur juste valeur. Aimer ne dépend que de moi. Mais comment chercher une chose quand on doute jusqu’à son existence ?

C’est peut-être cela qui me ronge. La simplicité de l’amour me rend presque jaloux. Trop dominé par la raison, j’ai cessé de laisser mes émotions me guider. Je les ai bannies le jour où j’ai compris le prix qu’il fallait payer pour les suivre. Elles étaient trop fragiles pour affronter les obstacles qui m’attendaient.

Aujourd’hui, je suis seul avec ma raison. Elle tente de me réconforter par des mensonges sans logique, incapable de me dire la vérité. Car l’amour échappe à la raison. Il relève d’autre chose, d’un lieu plus obscur, plus fragile, plus vrai.

Croire est la seule chose qu’il me reste.
Croire qu’un jour, peut-être, une femme saura enfin m’apprendre à aimer.

Laubodile

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