Le téléphone se mit à sonner, à vibrer.
Il s’empressa de l’éteindre : ce n’était que le réveil. La nuit avait été courte, alors il referma les yeux et enfouit sa tête sous l’oreiller. Rien n’avait plus d’importance que de replonger dans son rêve, mais c’en était fini. Il était déçu, car ce rêve était beau, harmonieux. Il s’y sentait apaisé.
Soudain, il entendit un chant. Venant de nulle part, il lui semblait familier. C’était un chant religieux. De vieux sentiments surgirent en lui. Il sourit, puis décida de se lever.
C’était une matinée bénie, bercée par les rires d’enfants. La fenêtre était restée ouverte. Le soleil était matinal ; c’était déjà l’été. Des odeurs vinrent l’effleurer. Les souvenirs d’enfance se bousculaient. Il se remémora les sourires de chacun, qu’il avait hâte de retrouver.
Mais son réveil n’était pas complet, alors il descendit l’escalier. Le salon était vide, la cuisine aussi. Le silence régnait dans un vide plein de mélancolie. Son cœur se serra. Il s’assit au coin du canapé et alluma une cigarette. Les odeurs et les rires d’enfants venaient des voisins.
Pendant un instant, il avait oublié où il était. Il pensait être chez lui, retrouver sa mère, son frère et ses sœurs, ses nièces et ses neveux. Mais ils étaient trop loin, et le voyage coûtait trop cher. Il n’était là que pour affaire.
Néanmoins, le vide n’était que passager. Quelques heures plus tard, il retrouva des proches. Il oublia la solitude, la mélancolie. Il riait avec l’enfant, plaisantait avec son oncle. Le temps passa plus vite qu’il ne l’espérait. C’était une journée ordinaire d’un invité coutumier, d’un étranger qui vivait dans son propre pays.
Je souhaite une bonne journée de l’Aîd à ceux que j’aime.
Vous me manquez.
Laubodile.

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