écrire après l’illusion

Ce blog existe depuis longtemps.
Trop longtemps peut-être.

Il a connu plusieurs vies, plusieurs silences aussi. Les textes qui s’y trouvent appartiennent à un autre moment de mon existence. Un moment où j’écrivais surtout pour comprendre ce qui se passait en moi : la colère, le doute, la solitude, les illusions.

Puis le silence est venu.

Pas parce que je n’avais plus rien à dire.
Mais parce que je devais d’abord apprendre à regarder ailleurs que dans mon propre miroir.

Les années ont passé. J’ai lu, j’ai observé, j’ai milité, j’ai discuté, j’ai parfois cru comprendre certaines choses… avant de découvrir que je me trompais encore. Comme beaucoup.

Le monde, lui, n’a pas changé autant qu’on le prétend.

Le colonialisme n’a jamais vraiment disparu.
Les rapports de domination non plus.
Les illusions politiques continuent de circuler comme des vérités sacrées.
Et les peuples continuent de chercher leur place dans une histoire qu’ils n’ont souvent pas écrite.

C’est peut-être pour cela que je reviens écrire ici.

Non pas pour livrer des vérités.
Mais pour travailler des questions.

Ce blog va probablement changer. Les textes seront différents. On y parlera davantage de politique, d’histoire, de colonialisme, d’arabité, de communisme, de stratégie et de pensée révolutionnaire. Les noms de Fanon, Lénine et d’autres reviendront souvent, parce que certaines idées continuent de nous aider à comprendre ce qui nous arrive.

Mais je ne veux pas transformer cet endroit en tribune idéologique.

Ce sera plutôt un carnet de réflexion.
Un lieu pour poser des analyses, faire des bilans militants, partager des lectures, formuler des doutes, et parfois reconnaître ses erreurs.

Parce que penser sérieusement le monde exige une chose que les idéologies oublient souvent : la capacité de se remettre en question.

Ce blog restera donc imparfait.
Parfois trop tranché.
Parfois trop hésitant.

Mais il aura au moins une ambition : essayer de comprendre ce que nous sommes devenus.

Si vous êtes encore là après toutes ces années, bienvenue.

Et si vous arrivez ici pour la première fois, sachez simplement une chose :

Je n’écris pas pour convaincre.
J’écris pour chercher.

Et la recherche ne fait que commencer.

Laubodile

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