Depuis le sol

Dans une relative opacité…

Pour Bouteldja, Bassem est plus barbare que moi

Un, deux, trois… Onze portes.

Il est cinq heures du matin. Devant une fenêtre doublement grillagée, je compte les portes qui me séparent de la sortie. Je les ai déjà comptées le jour de mon incarcération. Non pas que je prévoyais de m’échapper, mais le choc me possédait de tout son poids et, pour lui résister, je me concentrais sur chaque porte traversée. Le trajet paraissait interminable.

À ma gauche, un corps gît sur le matelas du bas. Lourd et imposant, il dort paisiblement. Je lui lance un regard inquiet et peiné. Car la journée, enfermé dans cette cellule du bâtiment des arrivants, cet homme d’un mètre quatre-vingt-quinze et de plus de cent kilos est constamment agité, en souffrance perpétuelle. En sueur dans neuf mètres carrés, il fait les cent pas et crie par la fenêtre pour gratter du café à quelqu’un qui accepterait un échange. Arrivé en promenade, il ne parle à personne et ne cesse de courir.

Il souffre, ça se voit.

Il est tombé en prison pour je ne sais quelle raison. Bizarrement, alors que nous avons partagé la même cellule pendant une dizaine de jours, c’est le seul qui ne m’a jamais posé la fameuse question : « Pourquoi tu es là ? »

On n’imagine pas assez la souffrance de ceux qui sont soumis à des addictions lorsqu’ils se retrouvent, du jour au lendemain, enfermés sans aucun substitut. Cette double peine est encore un choix politique. Un choix qui détruit le corps et l’esprit.

Bienvenue en France, pays des droits de l’homme.

De mon côté, c’était ma première fois. Et, avouons-le, je pensais être « sorti » de la street. J’avais quitté la France pour le bled depuis quelque temps, mais il semblerait que le système judiciaire en ait décidé autrement. J’avais été jugé en mon absence pour une vieille affaire. Alors que je revenais rendre visite à ma mère, qui rentrait du hadj, je me suis fait interpeller à l’aéroport.

À vingt ans, j’avais décidé de me donner une seconde chance grâce à la religion et au soutien de ma famille, qui désespérait de me voir enfin quitter le « terter ». Mais ce n’était pas un argument aux yeux de la procureure de Lyon. Je lui ai expliqué que je travaillais et vivais désormais en Algérie et que je n’étais revenu que pour voir ma mère. Sa réponse fut si courte et si rapide que je m’en souviens encore aujourd’hui :

-C’est bien. Alors profitez de ce voyage pour régler vos comptes avec la société.

Direction Corbas.

J’ai appris à ma sortie que ma chère mère. Vous savez, celle dont notre religion nous apprend que le paradis se trouve sous ses pieds, avait presque perdu un œil à la suite du choc provoqué par mon incarcération. Elle avait dû être opérée.

Mais elle ne m’avait pas lâché pour autant. Avec ma sœur, son premier réflexe avait été de m’envoyer un tapis de prière et un Coran. J’ai été soulagé lorsque je les ai reçus. Ils représentaient à mes yeux une véritable échappatoire à ce cauchemar.

Mon codétenu me regardait prier sans jamais rien dire. Il n’osait pas. On oublie souvent que beaucoup d’entre nous n’ont même pas eu la chance de recevoir une éducation religieuse, aussi basique soit-elle. Mais ceci est une autre histoire.

Un soir, à l’heure du coucher, sous les cris habituels qui traversaient les fenêtres, mon camarade de chambre semblait enfin lucide et apaisé. Il me posa une question :

— Ali, est-ce que Dieu me pardonnera si je le lui demande ?

Par réflexe, malgré le pincement au cœur que sa question me procurait, je me suis imaginé la dinguerie qu’il avait peut-être commise pour se retrouver ici, enfermé avec moi. Mais le ton de sa voix me donnait une autre impression. Peut-être était-il simplement comme moi. Peut-être que les personnes qu’il avait le plus fait souffrir étaient sa famille et lui-même.

Je lui ai répondu que, pour en être sûr, il fallait commencer par demander pardon. Ensuite, le pardon, ou son refus, serait entre les mains de Dieu.

La société nous avait condamnés avant même que nous sachions mettre des mots sur notre condition. Elle avait déjà tracé notre place : un quartier, une police qui connaissait nos noms, une prison capable de nous rattraper jusque dans une autre vie, et des mères condamnées à payer dans leur propre corps les coups qui nous étaient destinés.

Nous sommes donc bien les indigènes que décrit Houria Bouteldja. Nous connaissons cette condition parce qu’elle ne s’est pas présentée à nous sous la forme d’un livre, mais sous celle d’une assignation.

Seulement, une question demeure : devons-nous accepter cette condamnation comme une fatalité ? Sommes-nous destinés à rester éternellement ceux que cette société a prévu que nous soyons ?

Notre souffrance ne possède aucune vertu révolutionnaire par elle-même. Elle peut nous briser, nous isoler, nous dresser les uns contre les autres. Elle peut nous pousser à fuir individuellement, à chercher une petite place auprès de ceux qui nous gouvernent ou à reproduire sur plus faible que nous la violence que nous avons reçue.

Si elle doit avoir un sens, ce sens ne nous sera donné ni par l’État, ni par un parti, ni même par les intellectuels qui savent parfois très bien décrire notre condition. Il nous appartient de le construire. Il faut transformer la souffrance en conscience, la conscience en organisation et l’organisation en puissance.

Nous sommes les indigènes que Bouteldja décrit, mais nous refusons d’en rester à sa description.

Il y a peu, j’ai fait le choix d’écrire pour moi-même et pour les miens. J’ai décidé que l’analyse d’un militant de terrain avait autant de valeur que celle d’un intellectuel ou d’un streameur parisien. Non pas parce que la théorie ne servirait à rien. Bien au contraire : nous en avons besoin. Mais une théorie qui ne rencontre jamais les problèmes concrets de l’organisation finit par parler à notre place au lieu de nous aider à agir.

La question de l’auto-organisation est rarement mise au centre. Nous parlons beaucoup de théorie, mais trop peu de la manière de l’appliquer. Pourtant, c’est un besoin réel. Nous avons besoin de discuter entre nous de ce qui fonctionne, de ce qui échoue, de la manière dont on construit un rapport de force et de ce que signifie concrètement être autonomes.

Nous pouvons apprécier les Bouteldja, les Bouamama et les autres. Mais lorsque leurs conférences se terminent, nous repartons souvent avec un sentiment d’inachevé. Nous avons entendu une description parfois brillante du monde. Il nous reste pourtant à savoir ce que nous allons faire lundi matin, dans notre quartier, dans notre ville, avec les forces réelles dont nous disposons.

C’est aussi pour cela que j’estime légitime de parler de notre rapport parfois catastrophique avec des partis comme La France insoumise. Dieu sait qu’à Grenoble, il leur reste beaucoup à faire pour gagner notre confiance. Lorsqu’ils se sont finalement sentis obligés de nous proposer une rencontre dans le cadre des municipales, je le leur ai dit clairement : on ne peut pas se présenter comme une gauche de rupture au niveau national tout en refusant, localement, de dénoncer le projet d’ouverture d’un commissariat à Échirolles porté par une municipalité PCF. Ce silence ne pouvait qu’accroître notre méfiance quant à leur intégrité politique.

Élisa Martin m’avait répondu que ce commissariat ne verrait jamais le jour. Comme si nous n’avions pas compris. La question n’a jamais été de savoir si le bâtiment finirait réellement par ouvrir ses portes. La question est de savoir pourquoi des élus de gauche reprennent, banalisent et rendent fréquentables des discours réactionnaires, et pourquoi ceux qui prétendent incarner la rupture refusent de les combattre. En ramenant tout à la faisabilité du projet, ils nous prennent pour plus bêtes que nous ne le sommes.

Je ne les enterre pas. Mais leur silence est déjà un choix politique. Je les traiterai comme tous les autres : par le rapport de force.

Récemment, dans un react diffusé sur la chaîne Twitch de Wissam, l’un de mes textes a servi de point de départ pour pousser Houria Bouteldja à clarifier sa position par rapport à La France insoumise.

Pour expliquer ce qu’est, selon elle, un indigène, elle a raconté une scène vécue pendant une élection. Quatre personnes distribuaient des tracts : trois indigènes pour le PCF, le MoDem et l’UMP, et un seul Blanc, qui distribuait ceux du NPA. Elle en a tiré cette conclusion : l’indigène n’a pas le temps d’être anticapitaliste. Elle a même employé le terme de « crevard ».

Je crois comprendre ce qu’elle cherche à dire. L’indigène pris à la gorge par les urgences matérielles n’a pas toujours le temps de construire une identité idéologique parfaitement cohérente, de lire tous les livres, de fréquenter les bonnes organisations ou d’apprendre le vocabulaire qui lui permettra d’être reconnu par les militants professionnels. Il cherche une place, une protection ou un débouché là où il pense pouvoir le trouver. Nous ne devons pas mépriser les nôtres pour cela.

Mais lorsqu’elle regarde trois indigènes distribuer les tracts du PCF, du MoDem et de l’UMP, puis le seul Blanc distribuer ceux du NPA, elle affirme en substance : « C’est ça, l’indigène. »

C’est là que je me sépare d’elle.

Le manque de temps explique peut-être une condition. Il ne saurait définir ce que nous sommes.

Être un « crevard » n’est pas notre identité politique. C’est ce que cette société fait de nous. Nous ne nous organisons pas pour rendre cette condition authentique. Nous nous organisons pour la détruire.

Nous n’avons peut-être pas le temps d’être anticapitalistes de la même manière que le militant blanc du NPA. Mais le capitalisme, lui, trouve toujours le temps de s’occuper de nous : dans nos salaires, nos logements, nos écoles, nos prisons et jusque dans les corps épuisés de nos mères.

Notre expérience de l’exploitation ne produit pas spontanément une conscience de lutte de classe. Ce serait encore romantiser les quartiers que de le prétendre. Elle peut tout aussi bien produire l’arrivisme, la violence ou la volonté de sauver uniquement sa propre peau. C’est précisément pour cette raison que nous avons besoin d’organisation, de formation, d’analyse et d’éducation populaire.

À Grenoble, cette tentative porte un nom : le Réseau de Solidarité des Quartiers. Lorsqu’un des nôtres fait face au racisme ou à l’islamophobie, il se retrouve trop souvent seul avec sa famille, face à tout un système. Nous avons donc commencé à mettre en commun une caisse de solidarité et un réseau d’avocats pour financer les frais de justice, accompagner les victimes.

Le RSQ n’a pas vocation à faire la charité. Une victime n’est pas une cliente et nous ne sommes pas des travailleurs sociaux. Chacun apporte ce qu’il peut, et celui que le collectif soutient aujourd’hui doit pouvoir soutenir un autre demain. Nous sommes encore modestes, mais cette structure existe. Voilà ce qu’est, pour nous, l’auto-organisation : transformer une situation individuelle en connaissance, en solidarité et en force collective.

Donc si l’indigène est celui que l’État dépossède de tout pouvoir politique, alors notre auto-organisation n’est ni une anomalie trop radicale ni un luxe théorique. Elle est précisément la réponse à notre condition. Refuser de rester les « crevards » disponibles pour les projets politiques des autres, produire notre propre analyse, ce n’est pas sortir de la condition indigène : c’est commencer à la combattre.

Je ne romantise pas les quartiers. Ni le mien ni les autres.

La première règle qu’on y apprend, c’est qu’il faut les quitter. Comme une prison. Nous nous savions condamnés. Surtout à Grenoble, où l’on grandit au milieu des fratricides, où l’on enterre ses meilleurs amis, témoins et parfois acteurs d’une violence omniprésente, jusqu’à ne plus avoir d’estime pour nous-mêmes, en tant qu’individus mais aussi en tant que communauté.

Mais lorsque nous nous rassemblons, lorsque nous agissons ensemble, nous sommes témoins d’une beauté que peu ont connue. Nous apercevons une puissance capable de déplacer des montagnes.

C’est derrière cette puissance que je cours. C’est la quête de toute une vie, et personne ne réussira à m’en dégoûter.

Mon père a pris les armes à l’âge de quinze ans et mon grand-père, chahid, veillent tous deux sur ma détermination. Cette phrase de Fanon est gravée en moi : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

On en aurait des choses à dire sur cette opacité, sur ce flou que certains aiment parfois entretenir. Mais, pour l’heure, c’est la définition politique de l’indigène que je questionne.

Moi qui pensais en cocher toutes les cases, j’ai découvert, avec d’autres frères engagés dans plusieurs villes de France, une forme singulière de mépris parce qu’inattendue. Nous sommes peut-être arrivés tard dans cette lutte. Mais nous avons choisi de passer du statut d’objet à celui de sujet, et c’est précisément ce passage qui dérange.

Mais nous n’attendrons pas d’avoir lu toute la bibliothèque décoloniale pour commencer à nous organiser. Notre expérience, nos erreurs et nos tentatives produisent elles aussi une connaissance.

Je vais reprendre une autre phrase d’Houria Bouteldja :

– Bassem est un frère de condition, mais pas de conviction.

J’avais apprécié cette formule à l’époque, même si elle ne m’avait pas totalement convaincu. Bassem, je le connais comme nous tous. Il a su nous faire rire, malgré lui. Mais c’est tout. C’est un guignol qui a fait le choix de la soumission. Son habitus de grand de quartier n’a pas d’autre fonction que de valider des idées d’extrême droite chez une partie des nôtres.

Et nous autres, nous n’avons jamais eu besoin de Bassem pour nous sentir représentés.

Qu’il soit un frère de condition, mouais. Mais une question se pose alors : si Bassem reste un frère malgré l’absence de conviction, que deviennent ceux qui essaient précisément de transformer leur condition en conviction, puis leur conviction en organisation ? Pourquoi est-ce que lui bénéficie d’une lecture sociologique plus indulgente, alors que nous, qui essayons de nous organiser, avons parfois du mal à être compris de cette manière ?

Pourquoi celui qui transforme sa condition en spectacle réactionnaire serait-il plus immédiatement reconnaissable comme indigène que ceux qui tentent de transformer la leur en puissance collective ?

C’est là que, dans cette grille de lecture, Bassem semble plus barbare que moi. Ce deux poids, deux mesures m’inquiète.

Non pas parce qu’il aurait davantage souffert. Non pas parce que mon parcours me donnerait un brevet supérieur au sien. Mais parce qu’il correspond mieux à cette représentation de l’indigène sans le temps, sans la conviction anticapitaliste, prisonnier de ses contradictions et finalement disponible pour les projets politiques des autres.

À l’inverse, lorsque nous commençons à produire notre propre ligne, à parler de conquête collective et d’auto-organisation, nous deviendrions moins représentatifs. Trop militants. Trop idéologiques. Peut-être même trop prétentieux.

Désolé, ma sœur, mais on en a marre.

Nous sommes dans un délire de conquête collective et non un besoin de représentation. Les réformistes et les opportunistes sont libres de chercher leur place dans les partis et les institutions. Mais qu’ils ne viennent pas prétendre faire avancer la ligne « de l’intérieur et de l’extérieur ». Car cet extérieur n’est jamais nommé, jamais soutenu, jamais mis en avant. Il sert seulement à justifier leur place à l’intérieur.

Nous n’avons pas peur de la défaite. Nous sommes déjà dedans, continuellement.

C’est pour cela que la découverte du « suicide révolutionnaire » de Huey P. Newton m’a immédiatement parlé. Il m’a permis de répondre au suicide réactionnaire des miens. Le suicide réactionnaire, c’est mourir lentement dans le cadre que cette société a prévu pour nous, en retournant parfois sa violence contre nous-mêmes. Le suicide révolutionnaire, c’est refuser la mort lente à laquelle ce système nous condamne et affronter les forces qui la produisent, même au risque d’y laisser sa vie, parce que cette lutte ouvre au moins la possibilité de transformer notre condition.

Le black panther party nous rappelle d’ailleurs qu’une idéologie ne se fabrique pas uniquement dans les universités. Ils ne rejetaient pas la théorie. Mais leur ligne ne leur est pas arrivée toute faite depuis un amphithéâtre. C’est un va-et-vient entre la réflexion et l’action : surveiller la police, nourrir les enfants et organiser le transport des familles de prisonniers. De ces pratiques sont nés leurs programmes et une pensée politique propre. Ils n’ont pas attendu que des universitaires expliquent leur condition à leur place : par l’organisation, ils sont devenus leurs propres théoriciens.

Un jour, un ami d’enfance à qui je présentais le RSQ, et qui connaissait mon passé « sulfureux » avec la police, m’a dit une phrase à laquelle je n’avais pas encore trouvé de réponse :

-Ali, toi au moins, tu t’es rangé. Tu as un taf et une famille. Lâche l’affaire avec les schmitts.

Non !

Wallah, je suis relou, et je l’ai toujours été.

Je l’ai compris très jeune, lorsque j’ai vu un policier souffler bruyamment en entendant mon nom. Après une longue quête en Algérie, je suis revenu en France et le premier spectacle auquel j’ai eu droit fut celui de « Sanglier » coursant des jeunes de mon quartier. Ce policier de la BAC méritait largement son surnom. Une phrase qu’il avait prononcée pendant qu’il me tabassait jusqu’au sang, alors que j’étais à terre est resté gravée en moi :

-Je vais foutre du porc dans le cul de ta mère.

« Mange tes morts, Sanglier », fut la seule réponse à laquelle il a eu droit à l’époque…depuis le sol.

Mais aujourd’hui, nous avons grandi. Nous sommes aiguisés. Peut-être pas assez aux yeux de certains, mais assez pour ne plus seulement porter des revendications. Assez pour commencer à construire une véritable stratégie de conquête, doucement mais sûrement, parce que c’est une nécessité pour nous-mêmes, le minimum que nous devons à nos enfants et à tout ce que nous avons vécu.

Nous voulons instaurer une chose simple, mais ardue : notre auto-organisation.

Nous sommes à la disposition des nôtres pour que nous dépassions ensemble nos conditions matérielles d’existence. La dénonciation, les marches, les rassemblements et les slogans ne nous suffisent plus.

À Grenoble, je veux que chaque frère et chaque sœur trouve un comité qui l’attend à sa sortie de garde à vue. Je veux que chaque victime d’islamophobie trouve les soutiens et les moyens financiers nécessaires pour faire face à l’État. Je veux que chaque enfant trouve au sein de sa communauté des professeurs de la dignité.

Voilà le sens que nous voulons donner à ce que nous avons vécu.

À Corbas, onze portes me séparaient de la sortie. Aujourd’hui, je ne demande pas à Bouteldja, à LFI ni à personne de décider si je suis suffisamment indigène, suffisamment barbare ou suffisamment légitime pour les franchir.

Nous apprenons à les enfoncer ensemble.

Ibn Lénine


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